BAMAKO 2007
Présentation
du Consensus de Bamako sur
« la Démocratie,
le Développement
et la Réduction de
la Pauvreté »
Par Son Excellence Monsieur
Moctar OUANE
Ministre des Affaires Etrangères
et de Coopération
Internationale
Bamako, le 17 novembre
2007
Monsieur
le Premier Ministre ;
Mesdames, Messieurs les
Ministres et les Chefs de
Délégation
;
Mesdames, Messieurs les
Membres du Gouvernement
;
Madame, Messieurs les Présidents
des Institutions de la République
;
Excellence Monsieur le Doyen
du Corps Diplomatique ;
Excellences Mesdames, Messieurs
les Ambassadeurs et les
Représentants des
organisations Internationales
et Régionales;
Mesdames, Messieurs les
Représentants du
Comité de Pilotage
International et du Secrétariat
Exécutif du Processus
Non Gouvernemental de la
Communauté des Démocraties;
Honorables Invités
;
Mesdames, Messieurs,
Après
quatre jours de travail
intense, nous sommes arrivés
au terme de nos discussions
sur la problématique
des voies et moyens à
mettre en œuvre pour
promouvoir et renforcer
la démocratie dans
le monde. Les résultats
satisfaisants auxquels nous
sommes parvenus témoignent
si besoin était de
notre engagement à
faire de notre Communauté
un espace de concertations
et de recherche de solutions
idoines aux défis
qui jalonnent notre marche
mondiale en faveur de la
démocratie et de
la gouvernance démocratique.
En
effet, l’adoption
par cette auguste assemblée
du Consensus de Bamako,
constitue une avancée
significative dans la mise
en œuvre des objectifs
de notre Communauté.
Je tiens à vous remercier
tous de votre apport de
qualité à
l’enrichissement de
nos débats, toutes
choses qui font de cette
Quatrième Conférence
un repère dans notre
quête quotidienne
de l’avènement
d’un monde plus démocratique,
plus juste, plus prospère
et plus pacifique au bénéfice
de nos populations laborieuses.
L’adoption
du « le Consensus
de Bamako sur la Démocratie,
le Développement
et la Réduction de
la Pauvreté »,
document stratégique
qui sanctionne les travaux
de la Quatrième Conférence
Ministérielle de
la Communauté des
Démocraties tenue
à Bamako, Mali du
14 au 17 novembre 2007 et
mettant en exergue les questions
cruciales définissant
la corrélation entre
Démocratie et Développement
et les actions que notre
Communauté doit pouvoir
entreprendre pour juguler
les défis inhérents
á toute entreprise
humaine est un motif de
satisfaction pour nous tous.
Je
me permets de parcourir
très rapidement cet
important document, fruit
de votre assiduité
et de votre dédicace
à la défense
des valeurs universelles
de démocraties et
de développement
durable.
Tout
d’abord le Consensus
de Bamako reconnaît
les liens entre Démocratie
et Développement
et la nécessité
de les renforcer afin de
pouvoir contribuer de façon
qualitative à l’amélioration
des conditions de vie des
populations résolument
engagées sur la voie
de la démocratisation
de leurs institutions. La
Démocratie est importante
et elle doit pouvoir permettre
l’amélioration
des conditions de vie de
tous les jours des populations
les plus vulnérables
c’est-à-dire
les pauvres dont la participation
à la vie politique
de leur pays constitue un
gage de sécurité
et de raffermissement de
la démocratie. La
démocratie doit permettre
le développement
économique et un
partage équitable
des fruits de la croissance
entre les fils d’un
pays. Le panier de la ménagère
doit sentir les effets induits
de la démocratie
et de la démocratisation
car le vote en lui seul
n’est pas consommable.
Ensuite,
il met en exergue les défis
qui jalonnent le parcours
de plusieurs pays participants
de la Communauté
des Démocraties tels
que la pauvreté endémique,
l’inégalité
sociale et le partage inéquitable
des revenus du pays, l’insécurité
croissante qui est source
de conflits et de violences,
le terrorisme, la corruption
endémique et ses
impacts sur les revenus
de l’Etat et sur les
pauvres. La position retenue
à Bamako est que
les démocraties ont
les moyens de juguler ses
fléaux et sont à
même d’améliorer
les conditions de vie des
populations qui demeurent
avant tout les auteurs,
les acteurs et les bénéficiaires
du développement.
Aussi,
ces démocraties qui
sont fondées sur
le respect des droits de
l’homme offrent des
avantages politiques certains
aux gouvernements afin de
répondre aux besoins
et demandes des populations,
et permettent d’être
mieux informé et
d’engager un dialogue
politique constructif entre
les différentes couches
de la populations et favorisent
également la séparation
des pouvoirs.
Le
Consensus de Bamako met
par ailleurs l’accent
sur la corrélation
entre démocratie
et développement
afin que la démocratie
puisse permettre un développement
durable susceptible de lutter
contre la pauvreté.
A cet égard, le document
de Bamako identifie les
institutions étatiques,
les acteurs non étatiques,
les organisations régionales
et internationales comme
des partenaires dont la
collaboration et le travail
de tous les jours permettent
de contribuer grandement
à l’amélioration
des conditions de vie des
populations.
Le
Consensus de Bamako met
l’accent sur la nécessité
d’appuyer des réformes
économique, sociale
et institutionnelle qui
permettent de promouvoir
le développement
et d’assurer la justice
sociale au bénéfice
des populations en particulier
les plus pauvres. Le Consensus
en appelle aux participants
de la Communauté
des Démocraties de
se résoudre à
prendre des actions spécifiques
dans leurs pays respectifs
aussi bien que de façon
multilatérale dans
le domaine tel que les mécanismes
de financement du développement
qui sont susceptibles de
stimuler la croissance et
l’activité
économique, la création
d’emplois, la réforme
du système foncier,
l’investissement dans
les services sociaux de
base, l’intégration
du secteur non formel dans
le formel et la création
d’un environnement
favorable à l’émergence
des petites et moyennes
entreprises.
Le
Consensus de Bamako invite,
par ailleurs, la communauté
à agir de manière
à tirer profit de
l’expérience
accumulée par les
différentes régions
du monde dans les domaines
spécifiques de l’information
sur le développement
durable et la croissance
économique dans un
cadre démocratique
à travers l’appui
aux échanges interrégionaux
et la création d’un
réseau d’échange
d’information et d’expérience
parmi les gouvernements,
les organisation de la société
civile, les partis politiques
et le secteur privé.
En
vue de renforcer les liens
entre la démocratie
et les réformes liées
au développement
économique et social,
le Consensus de Bamako encourage
les pays à intégrer
l’aide à la
démocratie et la
réduction de la pauvreté
dans leurs programmes d’assistance
au développement
et incite les pays à
offrir des dividendes de
la démocratie aux
pays engagés de façon
irréversible sur
la voie de la démocratie
de façon bilatérale
et multilatérale.
Le
Consensus de Bamako met
l’accent également
sur la nécessité
d’appuyer les mesures
de consolidation de la démocratie
entreprise dans les nouvelles
démocraties et les
démocraties en transition
en particulier pendant les
premières années
de la transition démocratique
pendant lesquelles les démocraties
sont très vulnérables.
Il met l’accent sur
la nécessité
pour les pays participants
de coordonner leurs efforts
tel que souligné
dans le Plan d’Action
de Séoul afin de
pouvoir répondre
efficacement aux menaces
réelles auxquelles
sont confrontées
les démocraties individuellement
et collectivement.
La
participation des femmes
à la vie politique
de leur pays et leur plus
grande implication dans
toutes les activités
socio-économiques
de leur pays constitue des
éléments essentiels
de la lutte contre la pauvreté
et la marginalisation des
couches les plus vulnérables.
A cet égard, Le Consensus
de Bamako met l’accent
sur l’éducation
des filles, la promotion
de légalité
entre les sexes et des opportunités
économiques en faveur
des femmes comme des éléments
clés de la lutte
contre la pauvreté
de façon générale
et du respect des droits
de l’homme.
Le
document de Bamako reconnaît
que l’un des défis
essentiel pour la promotion
du développement
est de renforcer la démocratie
à travers la mise
en place d’institutions
de gouvernance démocratique
solides tels qu’un
parlement avec des partis
politiques qui fonctionnent
à merveille, un système
électoral qui garantit
des élections libres
et transparentes, une société
civile énergique
et responsable, des médias
indépendants et le
contrôle civil démocratique
de l’armée.
Le document indique clairement
l’importance du secteur
privé dans le renforcement
et la promotion de la démocratie
et l’émergence
d’une économie
solide dont les fruits de
la croissance permettent
de renforcer le soutien
des populations aux institutions
républicaines.
La
décentralisation
et le renforcement des capacités
des institutions locales
de gouvernance jouent un
rôle déterminant
dans la participation et
l’inclusion des populations
dans les activités
de gouvernance de manière
à insuffler une dynamique
nouvelle dans l’appui
et la confiance des populations
dans les institutions.
Le document de Bamako met
également l’accent
sur l’important rôle
que la société
civile joue dans tous les
domaines de la gouvernance
démocratique et du
développement et
souligne qu’un gouvernement
et une société
civile efficaces se renforcent
mutuellement.
Tout
en appuyant le rôle
que la société
civile joue dans la promotion
et le renforcement de la
gouvernance démocratique,
le Consensus de Bamako souligne
également le rôle
primordial de la société
civile dans l’accroissement
de la participation citoyenne
dans les processus électoraux,
la gouvernance locale, les
prises de décisions
publiques et enfin le plaidoyer
en faveur des groupes vulnérables
de la société.
Le
Consensus de Bamako prend
en compte l’Engagement
de Santiago qui affirme
que la démocratisation
du système multilatéral,
particulièrement
celui des Nations Unies,
doit être conforme
aux pratiques démocratiques
au sein des nations. Il
souligne que chaque nation
qui pratique la démocratie
doit s’assurer que
dans les affaires internationales,
la prise de décision
est publique, transparente,
légitime et équitablement
représentative
Enfin,
le Consensus de Bamako salue
l’établissement
du Secrétariat Permanent
de la Communauté
des Démocraties qui
aura pour mission de coordonner
et d’appuyer la mise
en œuvre des activités
de notre Communauté.
Excellence
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les
Ministres,
Distingués participants
Je vous remercie pour votre
aimable attention.